Comme Saint Martin il y a près de 1700 ans, c’est par le col du Petit-Saint-Bernard (2188m d’altitude) que nous avons traversé la frontière franco-italienne. Le schéma devait être le suivant : l’ouverture par la route était prévue pour le 30 mai. Nous devions donc laisser nos bicyclettes à Pré-Saint-Didier, passer le col à pied ( et raquettes) avec un guide le 29. Ce dernier était ensuite censé profiter de l’ouverture du col par la route le lendemain pour récupérer les vélos et nous les apporter à Moutiers . Enfin, si j’explique cela, c’est que ca ne s’est passé exactement comme prévu.
Ce jeudi 29, par un matin pluvieux, nous rencontrons Richard Galvez, guide. Le passage dure environ trois heures et demie, dans la neige et le brouillard, sous la pluie, suivant un chemin appellé « La voie romaine ». Tout se passe pour le mieux, nous sommes initiés à la marche en raquette et nous arrivons trempés à la Rosière chez Richard et Marie-Françoise, sa compagne. Ils nous prêtent quelques vêtements chauds et nous préparent une soupe réconfortante. Ils nous invitent à passer la nuit dans leur chalet à Bourg-Saint-Maurice. Nous y passons une très bonne soirée à déguster des spécialités savoyardes. Ils nous confient leur passion pour la montagne, quasi innée chez Richard, fils de montagnards, acquise sur le tas par Marie-Françoise, bretonne de naissance. Ils nous confient aussi leur inquiétude concernant la future fermeture de l’hôpital de Bourg-Saint-Maurice. » Si ca continue on va devoir partir, quitter la région ».
Le lendemain, nous apprenons que l’ouverture du col a été annulée en raison de coulées de boue dans la vallée, ce qui nous laisse orphelin de nos jolis VTC, nous devons donc les abandonner plus tot que prévu (ils seront envoyés directement à Tours une fois la route du col accessible), et continuer à pied. Ce qui nous a menés rapidement à Hauteville-Godon, première église Saint-Martin visitée sur le territoire français. Me rendant dans l’école primaire qui se trouve à côté pour demander un tampon de la ville, une charmante institrice nous invite à raconter notre voyage à sa classe. Je me retrouve donc à donner des explications sur le Partage citoyen devant un groupe d’enfants à la fois étonnés et amusés. » Eh dis donc! tu vas arriver à Tours juste le premier jours des vacances ( 4 juillet) c’est pas du jeu! » me lance une petite fille. En effet, ce sont les privilèges du voyageur. Avant d’atterrir à Moutiers où nous passerons la nuit, nous passons par Aime ou se trouve une basilique Saint-Martin de style roman, facile à visiter ( les clés sont à l’office de tourisme) et aménagée en musée. A Moutiers, nous ferons la rencontre d’Yves Paccalet, auteur de « Quand l’humanité disparaîtra, bon débarras », et « Sortie de secours ». Le compte rendu de cette rencontre étonnante sera en ligne demain.
Nicolas