
ALLEMAGNE – BELGIQUE – LUXEMBOURG – FRANCE
Ce chemin est lié à la vie de saint Martin évêque de Tours, fondateur de l’Abbaye de Marmoutier, évangélisateur des campagnes, et à ses diverses rencontres avec les empereurs à Trèves. Les 900km du parcours traversent des communes liées à des épisodes de l’histoire de saint Martin, à son culte ou à des légendes martiniennes, en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg et en France.
Historique du chemin
Martin se rendit deux fois de Tours à Trèves pour demander l’intervention de l’empereur Maxime en faveur des Priscilliens, condamnés à mort par l’église officielle de la Gaule. Trèves est le lieu de la célèbre scène du dîner de Martin avec l’empereur, vers 385-387. Refusant de se plier à l’étiquette impériale, l’évêque de Tours rompt avec tous les usages, il tend la coupe à un prêtre qui l’accompagne et non à l’empereur, jugeant sans doute, selon le texte de Sulpice Sévère, que « nul n’était plus digne de boire le premier après lui, et qu’il aliènerait sa liberté s’il faisait passer avant le prêtre soit le souverain en personne, soit les personnages les plus proches du souverain ». L’empereur et tous les assistants furent si frappés de ce geste qu’ils approuvèrent même cet acte de dédain à leur égard. Et l’on répéta bientôt avec une vive admiration par tout le palais que Martin avait fait au souper impérial ce que pas un évêque n’avait fait dans les repas donnés par les plus modestes magistrats ».
Les souvenirs martiniens à Trèves se rattachent également à la guérison d’une jeune fille paralysée, devant le peuple assemblé et plusieurs évêques présents. L’église primitive de la ville aurait été établie selon la tradition, dans la maison du Sénateur Tetradius, dont il guérit l’esclave. En 587, l’édifice est transformé en monastère par l’évêque Magneric et confié à des chanoines. Le séjour prolongé de Martin et répété dans la métropole de Trèves a laissé des vestiges ineffaçables dans toute la région circonvoisine. C’est ce que disent assez les noms des villages de MERTESDORF (MARTINSDORF), TINSDORF, MERZ-KIRCHEN ou STADT-MARTINSDORF, MARTINSTEIN, MERZLICH, MERZWEILER…
Aux souvenirs de prédication de l’évêque dans la Rhénanie Palatinat, s’ajoutent ceux du passage du jeune soldat romain. La tradition veut qu’il ait quitté l’armée impériale à Worms. En 356, l’officier de l’armée impériale Martin de Tours, profitant de l’occasion du DONATIVUM (ou gratification) décide de quitter le service des armes. « Jusqu’ici, déclare-t- il à l’empereur Julien, je t’ai servi; souffre maintenant que je serve Dieu. Moi, je suis soldat du Christ, combattre ne m’est pas permis ». Et comme on l’accuse de lâcheté, Martin oppose son courage : « Si l’on impute mon attitude à la lâcheté et non à ma foi, rétorque t-il, je me tiendrai demain sans armes devant les lignes, et au nom du Seigneur Jésus, sous la protection du signe de la croix, sans bouclier ni casque, je pénètrerai en toute sécurité dans les bataillons ennemis ». Au lever du jour, les ennemis se présentèrent à l’empereur, pour demander la paix. La ville de Worms possédait jadis, dit-on le cachot où Martin fut enfermé et sur lequel un sanctuaire fut érigé, doté d’indulgences par le pape Innocent VIII. Dans cette ville un monastère, une église rebâtie au XIII e siècle, un faubourg, une porte de la ville transmette son nom à la postérité.